Les quatre animations sont proposées par le Collectif pour le Grand Site de France Gerbier-Mézenc en collaboration avec la mairie des Estables. Il s’agit notamment de mettre en valeur la tradition orale, composante immatérielle de notre patrimoine vernaculaire.
Ne perdons pas de vue qu’autrefois – il n’y a pas si longtemps – nos régions et nos terroirs possédaient une riche et abondante tradition orale : il n’était pas rare de rencontrer des conteurs capables de narrer des dizaines de contes ou de légendes transmis par le bouche à oreille. Et même s’il n’était pas conteur réputé, chacun pouvait, à l’occasion, pour divertir ou pour surprendre redire les histoires drôles ou les récits terrifiants de bêtes maléfiques ou d’êtres surnaturels qu’il avait entendus. Et bien sûr les chansons et la danse étaient toujours là pour meubler la solitude ou pour égayer les réunions. Il existait donc une tradition orale aux genres variés, qui se transmettait de génération en génération, ordinairement en patois (occitan). Précisons que ce patrimoine de la tradition orale est très précieux et très fragile. André Chanson l’a comparé à « un trésor qui n’a que le langage pour support et qui porte en lui autant d’humanité (de vécu) que nombre de monuments historiques protégés, restaurés, conservés. »
On a cru qu’il allait disparaître. Heureusement il existe encore, comme en attesteront les passionnés qui animeront les Soirées d’Hiver en Montagne. Au son de l’accordéon diatonique, c’est le groupe Try Folles qui ouvrira le bal, dès le lundi 24 février. Trois jeunes dames qui ont la musique chevillée au corps, qui dansent et font danser toutes les générations. Elles ont su moderniser le folklore et lui donner un nouveau souffle ; elles sont représentatives d’une démarche bien réussie par d’autres formations.
Le lendemain, mardi 24, place à un artiste, conteur, le plus connu des amateurs de tradition orale, puisqu’il a créé et qu’il fait vivre le Musée des Croyances Populaires : Il s’agit de Patrice Rey, qui présentera des contes, légendes et superstitions locales. Son musée est une réalisation unique pour transmettre de manière ludique la tradition orale, sans perdre de vue les aspects ethnographique et ethnologique.
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Mercredi 25, « Gare au loup ! Loup-garou ! ». A partir d’images vendues alors par les colporteurs, d’illustrations diverses et de dessins d’enfants, Christian Assézat, Bernard Lac et Martine Lac de l’Association Le Chalet du Mézenc tenteront de percer le mystère du monstre qui dévorait le monde. La Bête du Gévaudan est-elle une histoire de loup ? De meneur de loups ? De loup-garou ? Le public participera à l’enquête.
Pour terminer cette semaine, rencontre de tous ceux qui aiment le patrimoine vernaculaire considéré dans sa globalité, qui le sauvegardent, l’entretiennent, le restaurent, le font vivre, le transmettent… La parole sera largement donnée aux participants, pour un partage d’expériences. On évoquera donc la tradition orale bien sûr, mais aussi les danses et musiques, la langue vernaculaire, les régionalismes du français et tout autant nos chaumières, nos fermes recouvertes de lauzes, nos maisons d’assemblée, nos croix, nos lavoirs…
Ces soirées s’inscrivent dans le cadre du projet Grand Site de France Gerbier-Mézenc, une incitation à réfléchir à la mise en valeur de toutes les spécificités du Massif. Cet hiver, priorité au patrimoine vernaculaire.
Christian Assézat